
À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, l’Association des Journalistes Scientifiques de Guinée (AJSG) a organisé, le 14 février 2026, une table ronde au Centre Raby et les Enfants, à Conakry. Une rencontre placée sous le thème « Femmes et filles de science : Inspirer, connecter, transformer », qui a réuni des femmes scientifiques et des jeunes élèves autour de leurs parcours, des défis rencontrés et des opportunités offertes par les filières scientifiques.
« La science n’est pas réservée à une élite. » C’est l’un des messages qui a marqué les échanges entre les intervenantes et les jeunes filles réunies au Centre Raby et les Enfants. À travers leurs témoignages et leurs expériences, les femmes scientifiques présentes ont cherché à montrer que les carrières scientifiques sont accessibles à celles qui font preuve de curiosité, de persévérance et de détermination.
Organisée par l’Association des Journalistes Scientifiques de Guinée (AJSG), cette activité s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale des femmes et des filles de science, célébrée chaque année le 11 février. Pour l’association, l’enjeu était de créer un espace de dialogue permettant aux jeunes filles de mieux connaître les sciences, mais aussi de rencontrer des femmes qui y construisent déjà leur parcours.
À l’ouverture de la rencontre, le président de l’AJSG, Alpha Oumar Bagou Barry, a rappelé l’engagement de l’association en faveur de la vulgarisation des recherches scientifiques et de la formation des jeunes journalistes dans le domaine des sciences. Il a également insisté sur l’importance de rapprocher les scientifiques des jeunes générations afin de contribuer à faire naître de nouvelles vocations, particulièrement chez les filles.
La directrice du Centre Raby et les Enfants, Mme Rabiatou Diallo, a pour sa part salué l’initiative et invité les jeunes présentes à profiter pleinement de cette rencontre pour découvrir davantage l’univers scientifique aux côtés de femmes expérimentées.

Des parcours différents, un même message
La table ronde a réuni quatre intervenantes aux profils différents, permettant aux participantes de découvrir plusieurs visages de la science.
Dr Aïssatou Diallo, spécialiste en anatomie pathologique au service de l’Hôpital National Donka, a partagé son parcours académique et professionnel. Elle a également évoqué les exigences de son domaine ainsi que certains obstacles rencontrés en tant que femme dans le secteur hospitalier. Dans son témoignage, elle a mis en avant la rigueur, la persévérance et la passion comme des éléments importants pour avancer dans une carrière scientifique.
À ses côtés, Mme Aïssatou Billy Sow, chercheuse dans les domaines de l’énergie, de l’environnement et du genre et secrétaire générale du Réseau Africain des Femmes Scientifiques et Ingénieures, a abordé la place des femmes dans la recherche scientifique en Afrique. Ses échanges ont également porté sur les enjeux liés à l’énergie et à l’environnement ainsi que sur l’importance du leadership féminin dans la transformation durable des sociétés.
Fatoumata M’Balou Diallo, étudiante en médecine engagée dans la prévention des maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires et le diabète, a quant à elle insisté sur le rôle de la recherche et de la sensibilisation communautaire dans la lutte contre ces pathologies.
Enfin, Makuza Josiane, diplômée en mathématiques et informatique de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry et lauréate de plusieurs prix, dont un au hackathon CDS Orange Digital Center, a encouragé les jeunes filles à s’intéresser aux technologies et à l’innovation numérique. Elle a notamment souligné les opportunités offertes aux femmes dans le secteur du digital.
Parler des obstacles sans renoncer aux ambitions
Au-delà de la présentation des différents parcours, les échanges ont permis d’aborder certaines réalités auxquelles les femmes peuvent être confrontées dans les filières scientifiques.
Les discussions ont notamment porté sur les stéréotypes liés au genre, les difficultés d’accès aux ressources et aux opportunités, ainsi que la conciliation entre la vie professionnelle et les responsabilités familiales. Les intervenantes ont également partagé des expériences et des stratégies liées à la résilience, à la persévérance et à la recherche de l’excellence.
Pour les jeunes participantes, la rencontre a surtout été l’occasion de poser des questions directement aux intervenantes sur leurs parcours, leurs choix d’orientation et les réalités des métiers scientifiques. Ces échanges intergénérationnels constituaient l’un des objectifs centraux de l’initiative portée par l’AJSG.
Donner aux jeunes filles des modèles auxquels s’identifier
À travers cette activité, l’AJSG a notamment mis en lumière des femmes scientifiques guinéennes et montrer aux jeunes filles que les sciences peuvent constituer une voie professionnelle à part entière. L’initiative a également permis de créer un espace d’échange entre générations autour des parcours, des difficultés et des possibilités offertes par les sciences.
Pour l’AJSG, cette rencontre s’inscrit plus largement dans sa volonté de promouvoir la culture scientifique en Guinée et de contribuer à réduire les inégalités de genre dans les domaines scientifiques.
Le message porté au Centre Raby et les Enfants était finalement simple : les filles ont leur place dans la science. À travers les expériences de femmes déjà engagées dans la médecine, la recherche, l’environnement, les mathématiques ou encore le numérique, les participantes ont pu découvrir des parcours différents et envisager, à leur tour, la possibilité de construire leur avenir dans ces domaines.
Avec cette table ronde, l’AJSG entend poursuivre son engagement en faveur d’une science plus accessible, plus visible et davantage ouverte aux jeunes générations.


